Main courante
Aussi : MC, main-courante, vire, main courante d'approche, main courante d'assurance
Installer une main courante d'approche ou de progression — rôle, amarrages de départ et d'arrivée, tension, s'assurer en l'installant, franchir et déséquiper.
Sommaire
Une main courante est une corde subhorizontale installée pour enrayer la chute du spéléologue à l'approche d'un puits, dans un méandre large, sur une vire… [1]. Elle mène d'une zone sûre à la tête de puits et protège les passages exposés [2].
Deux rôles
| Rôle | Ce que c'est | Source |
|---|---|---|
| Main courante d'assurance | Corde sollicitée seulement en cas de chute ; on progresse sans se tracter dessus. « Les suivants pourront marcher en restant longés sur la main courante. » | [1] ; [3] |
| Main courante de progression (vire) | On s'aide de la corde tendue et d'amarrages rapprochés, en passant d'amarrage en amarrage | [3] ; [4] |
Quand en mettre une ? Le critère est la conséquence d'une chute, pas la difficulté : un pas d'escalade boueux à un mètre du sol n'a pas besoin de corde, une vire large et facile à dix mètres du sol en a besoin [1].
Règles d'installation
- Départ et arrivée irréprochables : AN de bonne dimension ou deux spits [1] ; règle reprise par la FFS pour les départs et arrivées de mains courantes [2]. Voir amarrages.
- Cohérence du départ doublé : si l'on double le début de la main courante, on ne l'utilise qu'en aval des deux amarrages ; « se longer dans le premier pour installer le second est incohérent » — si on se longe, c'est qu'on craint quelque chose, donc on s'assure sur deux amarrages. En fin de main courante (tête de puits), les deux amarrages sont plein vide [5].
- Deux points de départ éloignés ou rapprochés ? Ils peuvent être éloignés si l'on passe de l'un à l'autre uniquement avec les longes, sans se tirer sur la corde ; sinon on les rapproche, sans mou entre eux (par exemple en « faux facteur ») [6].
- Hauteur et tension : à hauteur d'homme, pas au ras du sol (gêne, usure de la corde), et tendue [1] ; « tendue et assez horizontale (glissade !) » [7].
- Tendre réduit le facteur de chute si un amarrage casse et améliore beaucoup le confort ; minimiser les amarrages intermédiaires pour limiter les manipulations de longes [4].
- Nœuds : papillon au centre des vires et mains courantes, il se règle pour tendre la corde et se défait plus aisément [3] ; [4]. En départ de main courante, le premier nœud peut être tressé directement dans certaines plaquettes — point discuté entre sources, voir amarrages.
- Frottement : une main courante d'assurance ne travaille qu'en cas de chute ; si l'on ne peut pas éviter un frottement consécutif à la rupture d'un amarrage, elle doit être entièrement contrôlable à vue [4]. Une main courante franchie « plein vide » (pendu sur sa longe) doit être équipée sans frottement [1].
- Hiver / glace : l'approche du puits est rendue dangereuse par la neige ou la glace ; installer les départs de mains courantes plus loin des lèvres du puits que d'habitude [8].
- Pour s'éloigner d'un danger (crue, chutes de pierres), prolonger la main courante [2].
S'assurer en l'installant
Deux méthodes décrites par le manuel EFS [1] :
| Méthode | Principe | Points d'attention |
|---|---|---|
| Au descendeur | Descendeur en place sur la corde amarrée solidement ; nœud en aval du descendeur, avec assez de longueur pour atteindre l'amarrage suivant ; en cas de chute, le nœud arrête | pas de clé sur le descendeur : en cas de chute avec du mou, le mousqueton peut se mettre en travers et casser le descendeur ou le mousqueton |
| Longé sur le bloqueur de poignée | Mousqueton de longe longue passé aussi dans la corde ; rester au maximum en tension (longe longue tendue) | pas de nœud à faire ; réglage immédiat de la longueur entre deux amarrages |
Petzl décrit la main courante d'assurage au descendeur à freinage assisté : l'équipeur reste toujours en tension sur son STOP et ne lâche jamais la corde côté freinage [3]. Fiche EFS : sur vire ou main courante, au bloqueur de poing, « sécurisé (corde dans mouskif) et en tension » [7].
Franchir et déséquiper
- Sortie de puits : ne pas monter le bloqueur de poignée en butée sous le nœud ; hisser le bloqueur ventral, se longer court sur la main courante, prendre appui (ou la pédale si c'est plein vide) et retirer les bloqueurs ; progresser aux longes [1].
- Déséquiper : main courante facile, sur la poignée (mousqueton de longe de poignée crocheté dans la corde) ; main courante aérienne, assuré au bloqueur de poignée, corde passée systématiquement dans le mousqueton de la longe longue [1].
Sources
- [1] — définition, règles, méthodes d'assurance.
- [2] — règles FFS 2025.
- [5] — cohérence du double amarrage de départ.
- [4] — tension, nœud papillon, frottement.
- [8] — départs en conditions hivernales.
- [3] — mains courantes d'assurage et de progression.
- [7], [6] — supports de stage et de club.
À faire
- Ajouter un schéma : départ doublé, amarrages intermédiaires, arrivée en tête de puits.
- Vérifier la méthode d'installation au descendeur autobloquant dans l'édition actuelle du manuel EFS (le manuel 1996 décrit le descendeur simple).
- Tirer une page « vires » (main courante de progression, pendules, rallonge d'assurage) si le sujet grossit.
Références citées
- Manuel technique de l'École française de spéléologie — chapitre Initiateur (mise à jour mai 1996)
- Règles techniques et de sécurité — spéléologie (édition 2025)
- Techniques pour l'équipement d'un puits
- Les techniques spéléologiques légères (Les cahiers de l'EFS n°9)
- Le double amarrage en questions
- Équiper (document technique du Spéléo-club de Souillac)
- Le B.A.BA pour équiper en spéléo — approche de l'équipement classique
- Mémento équipement des cavités en ancrages permanents (Les cahiers de l'EFS n°11)
Mis à jour 2026-09-24 · relu contre les sources 2026-09-24
· equipement/spl-main-courante.okf.md