Le poncho spéléo et le point chaud
Aussi : poncho spéléo, poncho de survie, chasuble de survie, spéléoponcho, couverture de survie, point chaud, tortue, technique de la tortue, tente de survie
Le poncho ou la couverture de survie qu'on enfile par-dessus son équipement pendant une attente, avec une bougie dessous pour faire un « point chaud » ; ce qu'en disent les RTS, l'EFS et Spelunca ; modèles vendus pour la spéléo, poids et prix relevés le 2026-09-24.
Sommaire
Ce que les spéléos appellent « poncho » est une protection thermique qu'on enfile par-dessus tout son équipement quand on s'arrête : couverture de survie, poncho aluminisé ou chasuble de survie. Croque Montagne présente la chasuble de survie MTDE comme « un équipement individuel de protection thermique : le poncho spéléo » [1]. Avec une source de chaleur dessous, en général une bougie, on fait un point chaud, que les RTS de la FFS définissent ainsi : « Dispositif formant un volume clos autour d'un ou de plusieurs pratiquants et permettant de créer un abri pour gérer une attente en milieu souterrain, associé à une source de chaleur limitant les risques d'hypothermie » [2].

Ce que demandent les listes de matériel
- RTS FFS 2025 : « en fonction du parcours prévu », chaque participant ajoute à son équipement un « Poncho (chasuble de survie) ou couverture de survie et moyen de chauffage » [2]. Pour le groupe, selon les conditions, « Un point chaud collectif » [2]. Voir aussi l'éclairage : une lampe à LED ne chauffe pas.
- EFS (1996) : la couverture de survie « doit faire partie intégrante de l'équipement individuel » ; elle est « systématiquement emportée sous terre », portée sur soi « et non dans un sac », et en bon état [3].
- CREPS Auvergne-Rhône-Alpes (DEJEPS) : « 1 point chaud individuel (1 couverture de survie ou poncho + 1 bougie + 1 briquet) » [4].
- SGCAF : « Couverture de survie renforcée » et « Point chaud (bougie spéciale) + briquet ou allumettes », dans le matériel « à moyen / long terme » [5].
À quoi il sert
- Les pauses : immobile, on se refroidit vite. Si l'attente doit durer (trop de monde devant, bas d'un grand puits), Spelunca 139 conseille soit de bouger sans arrêt, soit de s'installer en sortant « la couverture de survie, ou bien mieux, le poncho, les gants (secs), et la cagoule (sèche) » ; on peut allumer sa bougie « dès qu'on est amené à attendre » [6].
- Ne pas attendre d'avoir froid : « On rechigne à ouvrir la couverture de survie car on anticipe sur la corvée de la replier… » ; après une heure d'attente, « il est déjà trop tard ! » [6].
- L'hypothermie : Spelunca 139 décrit trois stades — frissons, puis frissons continus et jugement altéré (35 à 32 °C), puis arrêt des frissons et perte de conscience (sous 32 °C) — et rappelle qu'« il est bien plus facile de se prémunir contre l'hypothermie que de tenter d'y remédier » [6].
- Blocage, accident : pour un blessé, l'EFS fait isoler la victime du sol (corde, sac, combinaison, couverture de survie) puis monter une tente avec une ou plusieurs couvertures de survie, chauffée à l'époque par des casques allumés à l'acétylène [3] (voir la lampe à acétylène). Le passage à l'éclairage électrique a supprimé ce « moyen de chauffage "historique" » [6].
- La « tortue » : assis sur son casque ou sur un sac, la couverture de survie par-dessus soi, la flamme sous la couverture ; l'EFS la propose à « tout spéléologue et à tout moment (fatigué, ayant froid, devant attendre) » [3]. Dans le récit de Spelunca 139, on fait une tortue sur une victime en plaçant la bougie à l'intérieur « pour lui permettre de respirer de l'air plus chaud » [6].
Types et modèles
Prix relevés le 2026-09-24. « non trouvé » = pas trouvé dans les sources consultées.
| Type, modèle | Matière | Poids annoncé | Assemblage en abri | Prix (2026-09-24) |
|---|---|---|---|---|
| Couverture de survie légère | non précisé | non trouvé | tente de plusieurs couvertures [3] | non relevé |
| Couverture de survie renforcée (réutilisable) [3] | non précisé | non trouvé | idem | non relevé |
| Poncho de survie CAO (jetable, généraliste) | polypropylène 25 microns [7] | 60 g [7] | non | 4,90 € Au Vieux Campeur (indisponible ce jour) [7] |
| MTDE chasuble de survie | microfibre aluminisée, 99,99 % polyester, 0,1 % aluminium ; « Textile inflammable » [8] | 190 g [8] | 2 à 5 chasubles par velcro et cordelettes [8] | 67,90 € Croque Montagne [1] |
| ACS Poncho Extra fin | nylon ripstop enduit silicone [9] | 135 g (texte) ; 0,140 (fiche technique) [9] | 2 ponchos par scratch [9] | 73,00 € (ACS) [9] |
| ACS Poncho polyvalent | nylon enduit PU, aluminisé à l'intérieur [10] | 215 g (texte) ; 0,235 (fiche technique) [10] | 2 ponchos par scratch [10] | 57,00 € (ACS) [10] |
| ACS Poncho endurant | nylon enduit fluorocarbone, additif antimicrobien [11] | 215 g (texte) ; 0,235 (fiche technique) [11] | 2 ponchos par scratch [11] | 57,00 € (ACS) [11] |
| Point chaud Résurgence (abri collectif) | non précisé | 450 g ; 2 m × 1,10 m × 1,50 m monté [12] | abri à suspendre par 5 points [12] | 200,00 € (Résurgence) [12] |
- Chasuble MTDE : bras dedans ou dehors grâce aux ouvertures à velcro, cagoule ouverte ou fermée, jusqu'à la « posture de tortue intégrale » [8] [1].
- Ponchos ACS : serrage à l'encolure pour le porter sur les épaules ou sur la tête, deux ouvertures pour les mains, coupe ample ; ACS annonce qu'il « permet de gagner une dizaine de degrés à l'arrêt » et précise « ce n'est pas un vêtement de pluie » [9] [10]. Chiffre du fabricant, non mesuré par une source indépendante.
- Point chaud Résurgence : pas de mât ni de porte, on l'accroche au relief avec des cordelettes (non fournies) ; fenêtre moustiquaire pour l'aération ; pour un blessé, des personnes en hypothermie, « ou même simplement de poncho collectif » [12].
- Le poids du poncho de survie jetable (60 g) est celui d'un produit généraliste ; aucune source spéléo consultée ne le compare aux modèles spéléo.
Faire un point chaud
D'après Spelunca 120 (témoignages d'un blocage de trois jours à –700 m au gouffre Romy, et mesures), Spelunca 139, le manuel EFS 1996 et la notice MTDE. Ces textes ne remplacent pas une formation (stage secours, autosecours).
L'emplacement
- Le manuel cité par Spelunca 120 demande un emplacement « plat / horizontal / sec / à l'abri des courants d'air / et non inondable » ; en pratique, « le moins hostile du coin » [13].
- Pas dans le courant d'air : chercher « galerie adjacente sans continuation, renfoncement dans un méandre… » [6].
- S'isoler du sol : ne pas s'asseoir sur le rocher mouillé ; les kits, vides ou pleins, sont une surface isolante [6] ; l'EFS cite corde, sac, combinaison, couverture [3]. Spelunca 120 rapporte le conseil de glisser une bande de mousse (« karrimat ») dans chaque kit [13].
L'abri
- Une ficelle tendue et des couvertures de survie par-dessus, fixées par trombones ou pinces à linge [13].
- Grand et intact : au Romy, trois couvertures pour trois donnaient « une sorte de bulle » où l'on ne pouvait ni s'allonger ni dormir ; « le moindre mouvement faisait un trou dans notre abri » et, troué, le point chaud l'est « beaucoup moins… chaud ! » Conseil : couvertures « grande taille », « ne prenez pas plus petit » [13]. Dans le récit de Spelunca 139, cinq couvertures donnent un abri pour « deux ou trois personnes recroquevillées » [6].
- Chasubles MTDE assemblées : surfaces utiles annoncées de 1,90 × 1,20 × 0,90 m (2 chasubles), 2,30 × 1,30 × 0,90 m (3), 2,50 × 0,70 × 0,90 m (4, version rectangulaire), 2,40 × 1,20 × 1,05 m (5), ou 1,30 × 1,25 × 0,90 m pour 3 chasubles contre une paroi ; suspension par cordelettes non fournies (« en réchappe », corde, âme de corde, sangles, pédales) ; l'ouverture de la tête « sert d'aération » en tente [8].
- Garder l'intérieur propre : bottes, harnais, « quincaillerie » dehors [13].
La chaleur
Mesures de Spelunca 120 : deux personnes aux vêtements secs, tente de trois couvertures (environ 1 m³ d'air), grotte à 10 °C et 65 % d'humidité, bougies « de base » [13] :
| Source de chaleur | Temp. à 10 cm du sol, H+2 | Temp. à 60 cm, H+2 | Humidité, H+1 |
|---|---|---|---|
| Aucune | 10,5 °C | 12 °C | 72 % |
| 1 bougie | 12 °C | 16 °C | 80 % |
| 2 bougies | 12 °C | 20 °C | 84 % |
| Flamme acétylène | 13 °C | 26 °C | 79 % |
- La chaleur monte : au sol, 2 à 3 degrés de plus seulement ; à hauteur de tête, « acceptable » au bout de deux heures avec une bougie, « confortable avec deux ». L'auteur prévient : « Attention à ne pas généraliser ces chiffres » ; la condensation apparaît vite sur les couvertures [13].
- Compter sur la seule chaleur du corps « procède d'une certaine insouciance » [13]. À plusieurs, se serrer les uns contre les autres ; ceux qui ne tiennent pas dans l'abri doivent bouger, manger et surtout boire [6].
- Bougies : une bougie ordinaire (15 cm × 15 mm) brûle cinq à six heures avec une flamme d'environ 2 cm ; pour 8 à 10 degrés de plus à hauteur de tête il en faut deux, soit une trentaine pour trois jours (un peu plus d'un kilo) ; la bougie chauffe-plat donne une flamme trop petite et sa coupelle se remplit de liquide [13]. Exemple de bougie « de survie » : lot de 2 bougies CAO, 5 à 7 h annoncées, 12 × 3 cm, chandelier métallique, 13,95 € chez Croque Montagne le 2026-09-24 [14].
- Allumage : le briquet à molette ne marche plus le pouce humide ; allumettes seulement dans un emballage parfaitement étanche ; le briquet électronique fonctionne encore après immersion (s'il reste du gaz) ; allumettes ou briquets « tempête » en option [13].
Sécurité
- Le feu : « une flamme de bougie fait un trou dans la survie à vingt centimètres, une flamme d'acéto à cinquante si elle s'emballe » ; bien caler ce qui brûle [13]. La chasuble MTDE est un « Textile inflammable » [8].
- L'air : dans la tente de l'essai, l'oxygène baisse et le gaz carbonique monte « de quelques dixièmes », « très loin des seuils alarmants », « sauf à relever le défi de bâtir un abri absolument étanche » [13]. La notice MTDE et Résurgence prévoient une aération (ouverture de tête, fenêtre moustiquaire) [8] [12]. Le monoxyde de carbone n'est pas mesuré dans cet essai (voir À faire).
- Se sécher d'abord : dans l'abri, retirer la combinaison, les chaussettes et les chaussons néoprène [13].
Où le porter, poids et volume
- Sur soi : pour l'EFS, la couverture de survie se porte sur soi, pas dans un sac ; la légère se loge dans le casque mais est « très fragile » ; elle « se détériore au contact prolongé avec l'eau, surtout non dépliée » [3]. Dans le casque, entre calotte et coiffe, rien d'autre qu'une couverture de survie selon l'EFS [3] — le GET (1994) y ajoutait cordelette, canif, bec et ampoule [15] (voir le casque).
- Pochette : les ponchos ACS se rangent « dans sa poche imperdable » [9] ; la chasuble MTDE se replie « dans le sac prévu à cet effet » [8] ; Croque Montagne propose de la mettre avec une bougie dans un mini-kit [1]. Plié, le point chaud Résurgence mesure 21 × 15 cm [12].
- Petits riens : gants et cagoule en soie plus deux chaufferettes pèsent « environ 100 grammes » [6] ; voir bottes, gants, cagoule.
- Réserve d'équipe (Spelunca 120, pour trois personnes et trois jours, dans un bidon étanche de 3 litres) : trois couvertures épaisses en plus de celle de chacun, 20 m de ficelle ou plus, une dizaine de clous, trombones et pinces à linge, chaufferettes (6 à 10 heures), pastilles de purification d'eau, un chiffon sec pour les lunettes — et de quoi allumer [13].
Entretien
- Chasuble MTDE : laver à l'eau froide, ne pas repasser [8].
- Couverture de survie : l'EFS la veut « en bon état » ; elle s'abîme dans l'eau [3]. La couverture légère est « très fragile », la renforcée est un « modèle réutilisable » [3]. Le poncho CAO est vendu comme « à usage unique » [7].
Pièges
- Déplier trop tard : « il est déjà trop tard ! » [6].
- Couvertures trop petites, qui se trouent au moindre mouvement [13].
- Des bougies sans rien de sec pour les allumer [13].
- Flamme trop près de la couverture ou d'un textile inflammable [13] [8].
- Se croire à l'abri parce que la cavité n'est pas « réputée froide » : cela arrive aussi ailleurs, dès qu'on s'arrête [6].
Sources
Voir la bibliographie vêtements : Spelunca 120 (Limagne 2010) et 139 (Limagne 2015), notice de la chasuble MTDE, fiches ACS, Résurgence, Croque Montagne, Au Vieux Campeur, listes SGCAF et CREPS. RTS FFS 2025 et manuel EFS 1996 : bibliographie équipement ; Spelunca 54 : bibliographie matériel.
À faire
- Fiche technique « point chaud » du SSF (manuel du sauveteur) : speleo-secours.fr en erreur HTTP le 2026-09-24 — à lire.
- Monoxyde de carbone sous un point chaud (bougie, réchaud) : pas de source spéléo trouvée ; CoMed Infos n°45 (Buch 2012, « chauffage portatif ») à retrouver.
- ACS : poids 135 g ou 140 g (Extra), 215 g ou 235 g (polyvalent, endurant) — le texte et la fiche technique diffèrent ; à vérifier auprès d'ACS.
- Couverture de survie (dimensions, poids, prix d'un modèle renforcé) : fiche produit à lire.
- Photo libre d'un point chaud ou d'un poncho en cavité (Wikimedia Commons : rien trouvé le 2026-09-24).
- Manuel technique EFS 4e édition (2026) : chapitre attente / point chaud non consulté.
Références citées
- Chasuble de survie MTDE (fiche Croque Montagne)
- Règles techniques et de sécurité — spéléologie (édition 2025)
- Manuel technique de l'École française de spéléologie — chapitre Initiateur (mise à jour mai 1996)
- Préparation au DEJEPS spéléologie — liste du matériel personnel de spéléologie
- Liste du matériel nécessaire à la spéléologie
- Hypothermie mon ennemie !
- Poncho de survie CAO (fiche Au Vieux Campeur)
- Chasuble de survie — référence 4010 (notice MTDE, PDF joint à la fiche Croque Montagne)
- Poncho Extra fin (fiche boutique ACS, réf. SPEF)
- Poncho polyvalent (fiche boutique ACS, réf. SPPV)
- Poncho endurant (fiche boutique ACS, réf. SPED)
- Point chaud Résurgence (fiche boutique)
- « Cette fois on y est ! » (blocage au gouffre Romy, point chaud)
- Lot de 2 bougies de survie et secours Cao (fiche Croque Montagne)
- L'équipement personnel du spéléologue
Mis à jour 2026-09-24 · relu contre les sources 2026-09-24
· materiel/combinaisons/spl-poncho-speleo.okf.md