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Tyrolienne
Aussi : tyrolienne, tyro, tyrolean, tyrolean traverse, passage de tyrolienne, tyrolienne horizontale, tyrolienne inclinée, traversée de lac
Franchir un vide, un lac ou une rivière suspendu sous une corde tendue : amarrages multiples, tension modérée (l'effort aux amarrages croît vite quand la corde est tendue à plat), chaque corde ancrée séparément ; exemple de passage avec la poulie double TANDEM SPEED d'après sa notice, blocage au milieu, déséquipement.
Sommaire
Une tyrolienne est un filin (corde ou câble) tendu entre deux points, sous lequel on se déplace suspendu, en général par une poulie ; elle est « globalement horizontale ou de pente relativement modérée » [1]. Les règles fédérales la citent parmi les techniques d'évolution sur agrès, avec la main courante et la ligne de vie [2]. Sous terre, elle sert à franchir un vide, un lac ou une rivière, et en secours à faire passer une civière. Cette page s'appuie surtout sur les essais du Spéléo secours français et sur les documents Petzl : peu de sources fédérales décrivent la tyrolienne de progression (voir À faire).

Horizontale ou inclinée
- Horizontale (ou presque) : la charge descend jusqu'au point bas de la corde, puis il faut se tirer jusqu'à l'arrivée. La notice TANDEM dessine cette « progression seul » en se tractant à la main sous la corde [3].
- Inclinée : on descend par gravité. La vitesse augmente avec le poids, l'inclinaison et la tension (tableau dessiné dans la notice) ; il faut analyser les obstacles, le tirant d'air, la vitesse, le freinage et la zone d'arrivée [3].
- Dans les deux cas, la flèche (l'affaissement de la corde sous la charge) et la position de la charge changent l'effort aux amarrages [4].
Forces : pourquoi ne pas tendre à plat
Une charge suspendue au milieu d'une corde tendue tire sur chaque brin comme sur les deux brins d'un amarrage en Y : l'effort dans chaque brin vaut P / (2 cos(α/2)), α étant l'angle entre les brins, et tend vers l'infini quand α approche 180° [5]. Le SSF a comparé ce calcul à des mesures sur une « petite tyrolienne » d'environ 2 m, chargée de 80 daN au milieu [4] :
| Angle entre les brins (α) | Tension calculée (80 daN, sans tension initiale) | Mesurée (tension initiale 33 daN) |
|---|---|---|
| 60° | 43 daN | 58 daN |
| 90° | 53 daN | 69 daN |
| 120° | 75 daN | non mesuré |
| 125° | 81 daN | 96 daN |
| 135° | 98 daN | 111 daN |
| 155° | 173 daN | 141 daN |
| 170° | 430 daN | — |
⚠ Incohérence dans la source — le SSF titre la ligne « tension théorique calculée avec une charge de 80 daN », mais ses valeurs correspondent à la formule P / (2 cos(α/2)) avec P = 75 daN (120° → 75 daN, 155° → 173 daN, 170° → 430 daN) ; avec 80 daN on trouverait 80, 185 et 459 daN. Le même rapport parle ensuite d'une « charge classique de 75 daN » [4]. Les valeurs sont reproduites telles quelles.
- De 60° à 120° environ, la mesure « ne s'éloigne pas trop » du calcul ; l'écart vient en partie de la tension initiale [4].
- On ne garde pas l'angle plat : même tendue au mieux, la corde passe de 180° au repos à 155° sous 80 daN, et le spit porte alors 141 daN, soit 4,27 fois la tension initiale. Pour une civière de 120 daN, le SSF en déduit 212 daN en statique [4].
- La tension initiale est le facteur le plus influent sur l'effort aux amarrages (tyrolienne de 6 m, corde statique de 10 mm) ; la position de la charge compte aussi, le nombre de poulies (1 ou 3) presque pas [4].
- Petzl (tyroliennes de 25 m et 14 m, cordes de 11 et 12,5 mm) : l'effort aux ancrages vaut la tension initiale plus 100 à 130 % de la masse en charge ; avec 250 kg et une tension initiale trop forte, il dépasse 5 kN. Une tension très forte ne fait gagner que 60 à 80 cm de flèche. Pour limiter la flèche, mieux vaut doubler la tyrolienne ou chercher des ancrages plus haut [6].
- Tyrolienne chargée, SSF 1996 : tension initiale ramenée à 190 daN, charge de 220 daN (trois spéléos) : 410 à 520 daN selon la position de la charge, et 740 daN quand les trois « s'agitent très violemment ». Une tyrolienne plus longue réduit la tension ; sur une tyrolienne courte (2,1 m), l'angle maximal a été de 162° avec un spéléo [4].
- La corde s'use : une corde spéléo chargée longtemps à plusieurs centaines de daN perd ses qualités ; « attention aussi aux tyroliennes » trop tendues [7]. Les cordes en polyamide s'allongent davantage mouillées, ce qui change la flèche [6].
Installation
- Amarrages : les efforts mesurés restent acceptables « pour des amarrages de tyrolienne qui sont toujours multiples » ; en secours, le SSF juge impératifs trois amarrages sollicités ensemble (nœud de répartition) [4]. Petzl note que les ancrages « s'utilisent généralement doublés ou triplés » [6]. Voir amarrages.
- Deux cordes : « Chaque corde doit être ancrée séparément » [3]. Petzl juge une chute sur une seconde tyrolienne de secours peu haute, car elle est déjà en partie chargée par la flèche de la porteuse [6]. Le SSF estime qu'avec plusieurs amarrages travaillant ensemble, « la corde d'assurance n'a qu'un rôle psychologique » [4] (contexte secours).
- Mise en tension : une personne tire 10 à 20 kg d'une main, 20 à 40 kg à deux mains, jusqu'à sa propre masse si elle se suspend au brin de traction ; Petzl recommande moins de 2 kN, obtenus par une personne sur un mouflage 3:1 [6]. Aux essais du SSF, la tension avant blocage allait de 80 daN (traction directe à deux) à 460 daN (double palan) ; l'effort utile au palan est produit dans les 20 premières secondes [4].
- Blocage : bloquée au demi-cabestan, la tyrolienne ne garde que 14 à 35 % de sa tension, jamais plus de 80 daN [4]. Comparaison SSF 1996 : GRIGRI impossible à débloquer sous 180 daN, bloqueur qui donne une tension trop forte et risque de dégainer la corde, descendeur autobloquant « bonne solution » qui permet de larguer aisément [4]. Mais l'EFS rapporte qu'en stage secours, sur corde de 10 mm, on ne pouvait plus larguer une tyrolienne en charge au descendeur autobloquant ; depuis, il est conseillé de tendre au descendeur simple [8]. Petzl : I'D et RIG deviennent difficiles à débloquer au-delà de 5 kN ; un nœud de mule près du descendeur peut servir de nœud d'arrêt [6].
- Tests : la notice TANDEM demande des essais préalables de réglage (tension, inclinaison) avec différents poids, à refaire avec chaque nouvelle poulie, et rappelle que l'installation d'une tyrolienne « nécessite la compétence d'un spécialiste » [3].
- Nœuds : nœud en Y ou huit double aux amarrages, comme une main courante ; voir nœud en Y et nœud de huit. Aucune source consultée ne décrit un nœud propre à la tyrolienne de progression.
Corde de rappel, corde de retour
Aucune des sources consultées ne décrit la corde de rappel (ou de retour) d'une tyrolienne de progression spéléo : comment ramener la poulie ou le matériel, ni comment le dernier récupère les cordes. La notice TANDEM demande seulement de prévoir « les moyens de secours nécessaires pour intervenir rapidement en cas de difficultés » [3]. Pour passer la première corde au-dessus d'un obstacle, une méthode générale consiste à lancer une cordelette légère qui sert ensuite à tirer le filin [1]. À compléter (voir À faire).
Exemple : passage d'une tyrolienne avec la TANDEM SPEED
La TANDEM SPEED est une poulie double à flasques fixes « pour tyrolienne sur corde ou mouflage », non certifiée pour les parcours acrobatiques [3]. Les poulies simples FIXE, MOBILE, OSCILLANTE, RESCUE et MINDER ne sont pas autorisées sur tyrolienne [9] ; la SPIN L1 est une autre poulie présentée pour cet usage [10]. Voir le comparatif des poulies.
Ce que dit la notice
| Point | TANDEM SPEED | Source |
|---|---|---|
| Support | corde de diamètre ≤ 13 mm ; câble ≤ 13 mm possible hors parcours acrobatiques, mais plus mentionné dans la notice depuis 2021 (EN 17109) | [11] [12] |
| Charge maximale d'utilisation | 10 kN | [11] |
| Vitesse maximale | 20 m/s (TANDEM : 10 m/s) | [3] (dessin) ; [11] |
| Rendement, réas | 95 % ; deux réas inox de 27,5 mm sur roulements à billes | [11] |
| Connecteurs | jusqu'à trois mousquetons ; conformes aux normes, EN 12275 par exemple | [11] [3] |
| Une ou deux cordes | « Chaque corde doit être ancrée séparément » ; les dessins montrent une tyrolienne à deux cordes | [3] |
| TANDEM ou SPEED | une tyrolienne conçue pour la TANDEM SPEED ne doit pas être utilisée avec une TANDEM, et inversement (roulements plus rapides) | [3] |
| Arrivée | poulie « pas conçue pour impacter un système de freinage à pleine vitesse » | [3] |
| Humidité, gel | le rendement peut être modifié | [3] |
Les pictogrammes de la notice montrent aussi, sans texte : doigts et cheveux happés par la poulie, main pincée ou brûlée sur la corde, gants conseillés, un mètre minimum sous l'utilisateur, impact à l'arrivée [3] (lecture des dessins, à vérifier). Sur une tyrolienne de 2 205 m, le SSF a mesuré un échauffement d'un peu plus de 45 °C sur les réas d'une poulie « Tandem » du commerce, « bien en dessous de toute valeur critique » [13] — cas extrême, très loin d'une tyrolienne souterraine.
Pas à pas
Ce déroulé assemble la notice et les règles générales de progression sur corde ; il n'est pas décrit tel quel par une source (à vérifier avec un cadre EFS).
- Au départ, longé. Arriver à la tête de tyrolienne longé sur la main courante ou l'amarrage, comme pour une main courante ; on ne quitte une attache qu'une fois la suivante en place et vérifiée [14].
- Mettre la poulie sur la corde. Les dessins « 6a » de la notice montrent la TANDEM posée sur la corde puis tournée pour que les deux réas prennent la corde, et un mousqueton passé dans le point de connexion principal [3] (lecture des dessins).
- Deuxième corde. Sur les dessins « 6 » et « 6b », une deuxième poulie roule sur la seconde corde et se relie à la TANDEM par un mousqueton ; la légende nomme une FIXE et un mousqueton OK [3]. La notice commune des poulies FIXE, MOBILE… donne pourtant la tyrolienne comme usage non autorisé [9] : contradiction à faire trancher par Petzl (à vérifier).
- Se relier. Longe courte (ou connecteur) du maillon du harnais au mousqueton de la poulie. Le dessin « 6 » montre en plus une longe mousquetonnée dans la corde [3] (lecture du dessin, à vérifier).
- Contrôler avant de se pendre : mousquetons verrouillés, corde dans les deux réas, rotation des réas [3] ; vérifier que chaque mousqueton emprisonne bien la corde [14].
- Se suspendre, puis seulement se délonger du départ. Mains derrière la poulie, pas devant : la notice dessine la main happée ou pincée (à vérifier). Sur une tyrolienne inclinée, garder la vitesse sous contrôle ; gants conseillés [3].
- Se tirer sur la partie montante. Sur une tyrolienne horizontale, on dépasse le point bas en se tractant à la main sous la corde (dessin « 6b », « progression seul »). La notice montre aussi une PRO TRAXION à la place de la deuxième poulie : elle ne laisse avancer que dans un sens [3] (lecture du dessin) — ce qui empêche de redescendre au point bas entre deux tractions. Sur une vire, le GET recommande de progresser sur la corde plutôt que sur les amarrages, et de ménager ses bras [15] ; l'usage d'une poignée par le passant lui-même sur une tyrolienne n'a pas été trouvé dans les sources (à vérifier).
- Passer l'amarrage d'arrivée. Se longer sur l'amarrage ou la main courante d'arrivée avant de retirer la poulie ; ne retirer la dernière attache que protégé par une autre ou hors zone exposée [14]. La poulie ne doit pas arriver en butée à pleine vitesse [3].
Bloqué au milieu
- Seul : se tracter à la main sous la corde (dessin « 6b »), ou avec une poulie-bloqueur qui ne recule pas [3]. Rester pendu inerte dans un harnais « peut déclencher des troubles physiologiques graves ou la mort » [3].
- Aidé par un équipier : méthode du GET pour une victime pendue sur longe au milieu d'un tronçon horizontal (vire ou tyrolienne). Le sauveteur arrive pendu sur sa longe courte, du côté où il veut la faire progresser ; il place sa poignée sur la corde dans le sens de la montée, s'y longe avec sa grande longe, passe sa pédale dans un mousqueton au trou inférieur de la poignée et la relie à la poignée de la victime, puis la met dans son bloqueur ventral ; en se repoussant des pieds sur le harnais de la victime et en se laissant redescendre, il la fait avancer de la longueur de cordelette entre son ventral et la poignée de la victime. Cela marche avec la pédale que l'on a sur soi, même si le sauveteur est plus léger ; « cela reste une technique d'auto-secours » [16]. Voir aussi l'assistance sur vire [15].
Déséquipement
- Détendre une tyrolienne en charge ou sous forte tension est le point délicat : GRIGRI impossible à débloquer sous 180 daN [4] ; descendeur autobloquant impossible à larguer en charge sur corde de 10 mm, d'où le descendeur simple [8] ; déblocage difficile à contrôler au-delà de 5 kN avec I'D et RIG, la charge pouvant heurter le sol ou un obstacle [6]. Une tension modérée (< 2 kN) garde un déblocage facile [6].
- Comment le dernier récupère les cordes (tyrolienne tendue depuis la rive d'arrivée, corde de rappel…) : non trouvé dans les sources consultées (à vérifier).
- Contrôle de la poulie après usage : réas, flasques, pas de frottement réa / flasque ; mise au rebut après une chute ou un effort important [3].
Sources
- SSF, essais 1994-1996 (tension, angle, blocage, tyrolienne chargée) [4] ; Millau 2013 [13].
- Petzl : notice TANDEM - TANDEM SPEED (P0005800E), page produit, conseils « TANDEM SPEED sur câble » et « Tendre une tyrolienne » ; notice des poulies ; SPIN L1 (lus le 2026-09-24).
- EFS : Info-EFS 63 (angle du Y), cahier 09, manuel 1996 ; GET, Spelunca 88 et 95.
- FFS : RTS 2025 ; UBS, cours du brevet B ; Wikipédia (définition).
- Bibliographies : techniques de progression, connecteurs et poulies.
À faire
Tableau SSF : charge de 75 ou 80 daN pour les tensions théoriques (voir encadré) — le schéma reprend « 80 daN » du titre du tableau.
Faire relire la page, surtout le pas à pas, par un cadre EFS / SSF : aucune source fédérale consultée ne décrit la tyrolienne de progression pas à pas.
Manuel du sauveteur SSF et pages « Tyrolienne » du site du SSF (erreur 500 le 2026-09-24) : installation, corde de rappel / de retour, déséquipement.
Manuel EFS moniteur 1999 (traversées, dégagement sur main courante) et Info-EFS n°23 (1992, « dégagement d'équipier sur main-courante ou tyrolienne ») : non consultés.
Lecture des dessins de la notice TANDEM (installation 6a, deux cordes 6, longe sur la corde, PRO TRAXION 6b, pictogrammes) : à vérifier.
FIXE dessinée sur la deuxième corde dans la notice TANDEM alors que la notice des poulies interdit la tyrolienne : demander à Petzl.
Poignée utilisée par le passant pour se tirer sur la partie montante : trouver une source.
Photo libre d'une tyrolienne souterraine (la photo actuelle est une tyrolienne d'escalade en falaise).
Références citées
- Tyrolienne (transport)
- Règles techniques et de sécurité — spéléologie (édition 2025)
- Notice technique TANDEM - TANDEM SPEED (P0005800E, 180522)
- Essais mécaniques en spéléo-secours — campagnes d'essais 1994 et 1996
- Répartition des efforts en fonction des angles d'un double amarrage en Y
- Tendre une tyrolienne avec MAESTRO, I'D, RIG (conseil technique)
- Brevet B spéléologie — partie technologie
- Les techniques spéléologiques légères (Les cahiers de l'EFS n°9)
- Notice technique FIXE / MOBILE / OSCILLANTE / RESCUE (S, M) / MINDER (P0055600B, 100625)
- SPIN L1 — poulie à très haut rendement avec émerillon (page produit, réf. P001BA00 / P001BA01)
- TANDEM SPEED — poulie double à haut rendement pour tyroliennes sur corde (page produit, réf. P21 SPE)
- Utilisation de la poulie TANDEM SPEED sur câble (conseil technique)
- Millau 2013 — grande tyrolienne sur corde, du 10 au 18 mai 2013 : rapport final
- Manuel technique de l'École française de spéléologie — chapitre Initiateur (mise à jour mai 1996)
- Vire et passage de vire
- Assistance sur vire et tyrolienne : en progrès
Mis à jour 2026-09-24 · relu contre les sources 2026-09-24
· techniques/progression/spl-tyrolienne.okf.md